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Ulysse Sauvage

Behind the brand

Margot, souffleuse de verre et fondatrice d’Ulysse Sauvage nous reçoit dans son atelier parisien, pour nous parler de son artisanat, de ses créations et inspirations.

Qu’est-ce-qui t’a mis sur le chemin de la fabrication artisanale du verre ? Quel est ton parcours ?

J’ai suivi une formation d’art après le lycée, d’abord à la Sorbonne puis aux Beaux-Arts de Bruxelles. C’est lors de mes études que j’ai commencé à m’intéresser au verre, ma première réalisation a été un mobile. Pour le fabriquer, j’ai pris contact avec un souffleur de verre qui m’a accompagnée dans cette réalisation, ce fut mon premier vrai contact avec la profession. Cette expérience m’a donné envie d’en apprendre d’avantage, mais malheureusement les Beaux-Arts ne proposaient aucune option verre. Pour me spécialiser dans le domaine j’ai donc dû déménager à Berlin où j’ai commencé des cours de soufflage de verre. Pendant un an je me rendais dans un petit atelier près de chez moi, deux fois par semaine, pour assister aux cours. Je suis ensuite rentrée à Paris pour suivre une formation CAP souffleur.se de verre.

Pourquoi avoir créé ton propre atelier ?

Quand j’ai commencé, je travaillais en tant que salariée dans une entreprise de soufflage de verre scientifique à Toulouse où je fabriquais du matériel de laboratoire. Cette expérience m’a permis de me perfectionner et d’améliorer ma technique, le soufflage de verre nécessite un apprentissage long avant d’atteindre une maîtrise parfaite des techniques.

En 2020, je me suis lancée seule dans mon propre atelier afin d’explorer davantage mon univers créatif. Mon travail à Toulouse m’a beaucoup appris sur les techniques mais il était temps pour moi d’approfondir le côté artistique du soufflage de verre, et cela n’était possible qu’en me lançant à mon compte.

Qu’est-ce qui t’inspire ? Des artistes ou mouvements en particulier ?

J'adore le design des années 60 et 70, j’adore tout ce qui est rond et coloré, j’essaye d’ailleurs de créer des formes avec des bulles sur mes créations parce que j’adore ça !

De manière plus actuelle, je m’intéresse beaucoup au travail de Jochen Holz, c’est un souffleur de verre anglais qui travaille lui aussi au chalumeau sur du verre borosilicaté et c’est assez rare dans le domaine. J’aime beaucoup ce qu’il fait et son univers artistique, il créé des œuvres uniques en travaillant les défauts du verre et utilise beaucoup de couleurs, c’est très beau.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur le type de verre que tu utilises ?

J’utilise uniquement du verre borosilicaté, c’est celui qui est utilisé par les laboratoires pour fabriquer leur matériel et par les marques de cuisine comme Pyrex. C’est un verre très résistant, bien plus solide que le verre ordinaire, il résiste beaucoup plus à la chaleur et au froid ce qui me permet de réaliser des pièces très fines qui ne casseront pas. 

Quel est ton processus de création ? 

Je travaille directement avec la matière en faisant des tests au chalumeau et dès que j’ai atteint un style intéressant je passe beaucoup de temps à l’étudier, vérifier sa solidité et ajuster les proportions avant de le reproduire. Je ne dessine jamais mes modèles en amont, cela ne me convient pas, ils sont souvent très difficiles à reproduire en réel, je préfère donc sauter cette étape pour créer plus librement. Aujourd’hui en général lorsque je commence une nouvelle création je sais ce que je veux faire, si c’est une carafe, un verre ou un vase mais le design et la forme restent vagues jusqu’à ce que je travaille la matière.

Quelle est l’étape la plus cruciale/délicate ?

Cela dépend des objets, mais pour les verres à pied par exemple il y a deux soudures à faire, celle du bas qui tient le socle et celle qui tient le ballon. Ce sont pour moi les deux étapes les plus délicates car si elles ne sont pas bien faites, le verre peut se casser.

Ces détails sont cruciaux pour la solidité de la pièce finale, il y a des choses à savoir dans le soufflage de verre, des techniques à maîtriser, des processus à suivre ; toutes ces techniques sont très difficiles et nécessitent un processus d'apprentissage long qui garantie la qualité des objets finaux.

Quelle est la pièce dont tu es la plus fière ?

C'est le verre à pied en verre strié, c’est mon tout premier modèle et il a tout de suite eu beaucoup de succès. Aujourd’hui encore c’est l’une de mes créations qui marche le mieux, donc j’en suis très fière.

Quels conseils donnerais-tu à un artiste verrier qui débute ?

Le conseil numéro un serait d'être persévérant.e parce que c'est très long de devenir souffleur.se de verre. Je suis moi-même encore apprentie souffleuse de verre parce qu'il faut compter environ dix ans pour maîtriser à 100% toutes les techniques : le fonctionnement du chalumeau, les réactions de la matière première, etc. Il ne faut surtout pas avoir peur de recommencer sans cesse, se tromper, se couper, se bruler, recommencer encore et encore pour s'imprégner et apprendre.

Quels conseils donnerais-tu à un artiste verrier qui débute ?

Le conseil numéro un serait d'être persévérant.e parce que c'est très long de devenir souffleur.se de verre. Je suis moi-même encore apprentie souffleuse de verre parce qu'il faut compter environ dix ans pour maîtriser à 100% toutes les techniques : le fonctionnement du chalumeau, les réactions de la matière première, etc. Il ne faut surtout pas avoir peur de recommencer sans cesse, se tromper, se couper, se bruler, recommencer encore et encore pour s'imprégner et apprendre.

Quelle serait la prochaine étape pour toi ?

Au niveau créatif j'aimerais faire de plus grosses pièces, des grands vases par exemple. Jusqu’à maintenant j’ai toujours fait de petits formats et c’est le moment d’essayer de plus gros objets, en plus petite quantité, voire des créations uniques, et pourquoi pas commencer à ajouter un peu de couleur.

Comment fait-on pour colorer du verre ?

Il y a plusieurs techniques pour colorer du verre, soit on achète du verre déjà coloré sous forme de cannes, soit on colore soit même sa matière en utilisant de la poudre de verre teintée.

Quelques mots sur Centre Commercial ?

Je connais très bien Centre Commercial, quand j'ai commencé à mon compte je travaillais à mi-temps chez APC, la boutique en face de chez Centre Commercial rue de Marseille. J’y allais donc très régulièrement, et aujourd’hui le fait d’être passée de l’autre côté c’est vraiment symbolique.

Ulysse Sauvage