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Vestes et Pantalons Centre Commercial

Rencontre avec Christophe Lepine

Centre Commercial lance sa ligne de vêtements made in France, comprenant deux vestes et quatre coloris de pantalons. Chacune de ces pièces sont confectionnées à La Fabrique Pantin, dans une moleskine tissée dans les Vosges.

Pour accompagner leur sortie, nous avons échangé avec Christophe Lepine à la tête de cette fabrique française. Retour sur son parcours dans le vêtement de travail, le choix de cette matière et les techniques utilisées pour réaliser nos pièces.

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Comment avez-vous découvert le vêtement de travail ? 

J’ai commencé à travailler dans cet univers dès 1998, comme assistant de production pour une entreprise japonaise qui faisait fabriquer en France. C’est là que j’ai découvert ces matières et ces techniques de confection. 

Je m’intéressais aussi au vintage et à la manière dont les vêtements étaient construits. Cette passion m’a conduit à créer Bleu de Paname en 2008, une marque française qui s’inspire du vêtement de travail, de ses matières et de ses coupes. 

Votre collaboration avec La Fabrique Pantin remonte à 2008 également. Qu’apporte cette relation dans le développement des vêtements ? 

Nous avons fabriqué beaucoup de choses ensemble depuis tout ce temps. Au fil des projets, des liens se créent et on apprend à comprendre la façon de travailler de chacun. 

L’atelier possède un savoir-faire et des équipements adaptés aux produits que je développe. Avec les années, je connais mieux ses possibilités. Cette relation permet de réfléchir ensemble à la fabrication et de trouver les bonnes solutions pour chaque pièce. 

Pour notre veste, vous avez choisi une moleskine française. Qu’est-ce qui caractérise ce tissu ? 

C’est un tissu de coton lourd et très dense, que je travaille depuis longtemps. La moleskine utilisée pour vos pièces est tissée dans les Vosges. Il existe différentes moleskines. La version anglaise a un aspect plus suédé, plus velouté et un toucher doux. La version française présente une surface plus sèche et plus plate. Elle est associée à la veste de travail française et donne à la pièce une tenue particulière. 

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Comment avez-vous commencé à travailler avec les tisseurs dans les Vosges ? 

J’ai découvert la moleskine au début des années 2000. Par l’intermédiaire d’un ingénieur textile rencontré à Bordeaux, j’ai été mis en contact avec un tisseur des Vosges. Le travail s’est ensuite poursuivi avec d’autres interlocuteurs. 

Nous avons gardé contact et développé certaines matières ensemble. Ce qui m’intéresse, c’est de travailler avec des personnes qui connaissent leur métier et sont ouvertes au développement. Cette relation permet de faire évoluer les tissus au fil des projets.

Que demande la fabrication d’une matière aussi dense ? 

Il faut adapter la vitesse de travail. La moleskine demande un tissage plus lent : sa structure ne permet pas de travailler au même rythme que sur d’autres tissus. Sa densité joue aussi au moment de la teinture. Il faut laisser le temps à la couleur de pénétrer correctement la fibre. Le tissu a ses contraintes, et il faut les connaître pour obtenir le résultat recherché. 

Une fois le tissu arrivé à Pantin, comment intervient le savoir-faire de l’atelier ? 

La Fabrique Pantin possède un outillage dédié au vêtement de travail. Chaque étape de confection demande une méthode adaptée au tissu et à la forme de la pièce. Il faut préparer les opérations, régler les machines et contrôler le résultat. Cette expérience permet de travailler la matière avec précision et d’obtenir une confection régulière sur l’ensemble des pièces. 

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Pendant la visite, nous avons vu la réalisation des poches du bas de notre veste. Comment cette opération fonctionne-t-elle ? 

Avec cette machine, nous réalisons deux opérations : on forme la poche, puis on la pique sur le vêtement. Ce sont des étapes qui étaient auparavant réalisées séparément. L’atelier adapte l’outillage et le programme de couture aux dimensions de la poche. Le placement doit également être réglé avec précision pour obtenir un résultat symétrique sur la veste. Une fois la préparation terminée, l’opérateur surveille le fil et le bon déroulement de l’opération. 

Pourquoi continuer à développer des vestes de travail aujourd’hui ? 

La veste de travail intéresse des marques dans de nombreux pays. Nous recevons notamment des demandes de marques japonaises, danoises ou suédoises pour ce type de produit. Ce qui les attire, c’est une manière particulière de travailler : les matières, les techniques de confection et cette approche française du workwear. La moleskine et la veste de travail occupent une place importante dans cette histoire. 

Comment notre veste s’inscrit-elle dans cette approche ? 

Il existe une écriture française du vêtement de travail, comme il existe une écriture japonaise ou américaine. La veste en moleskine en est une expression. Pour vos pièces, le tissu est tissé en France et la confection est réalisée dans un atelier équipé pour ce type de vêtement. La matière et la façon de la travailler se répondent. C’est cette cohérence que je cherche à développer. 

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