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Ateliers de Nîmes

Une histoire de passion et de savoir-faire.

Il y a une dizaine d'années, une passion commune pour le denim a réuni Anthony, Guillaume et Clément, donnant naissance aux Ateliers de Nîmes.
Leur objectif était clair : refabriquer du jean à Nîmes, rendant ainsi hommage à un artisanat local.
Rencontre avec ces trois passionnés qui nous ont ouvert les portes de leur atelier nîmois. 

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Comment tout a commencé pour Ateliers de Nîmes ?  

Guillaume : J’ai créé Ateliers de Nîmes en 2014, le but, c'était de pouvoir se réapproprier le tissage à Nîmes et le savoir- faire.   

Anthony : Je suis passionné de denim depuis l'âge de quatorze ans. Un jour, un ami m'a mis en relation avec Guillaume, qui avait lui aussi le même attrait pour le jean et la toile de Nîmes, et tout a commencé comme ça. Nous avions la même envie, celle de refabriquer du jean là où il a été inventé, c'est-à-dire à Nîmes. Le mot "denim", qui est très utilisé dans la mode pour désigner la toile en jean, est en fait une contraction de "de Nîmes".  Il était donc important pour nous de faire sortir de l’oubli ce savoir-faire régional. 

Clément : De mon côté j’ai rejoint l’aventure un peu après, je connaissais Anthony qui m’a intégré au projet. On avait envie de créer une marque qui remette Nîmes au milieu de la carte de l'industrie du denim, mais étant donné qu'aucun de nous ne connaissait le secteur il a fallu apprendre. Guillaume s'est formé au tissage manuel, nous avons donc acheté un métier à tisser manuel pour commencer. Peu de temps après, nous avons fait nos premiers tests sur un métier à tisser mécanique, s’en sont suivi des mois de réparation, et un tas d’imprévus qui nous ont tout de même permis de rencontrer des anciens du métier, des retraités du tissage qui possèdent encore le savoir-faire. Ils sont venus nous aider, ils nous ont ouvert les portes de leur réseau, on a pu trouver un autre métier à tisser fonctionnel qu'on a réadapté pour fabriquer du denim. Ensuite on a enchaîné, on a acheté un deuxième métier à tisser neuf, et on a pu stabiliser notre production.   

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Comment travaillez-vous ? Quelle est votre processus de création et de fabrication ?  

Anthony : Pour ce qui est de la création, avant la coupe, on réfléchit à une main, on en parle tous les trois, on essaye de puiser dans nos archives et dans nos mémoires pour aller chercher quelque chose qui nous plaît que ce soit en termes de poids, de toucher ou de ressenti. Je suis personnellement passionné de vintage, donc j'arpente beaucoup les fripes. Je chine des coupes, des formes, des choses qui me plaisent, parfois même je vais les chercher à l'étranger, au Japon notamment où l'on peut retrouver pas mal d'archives intéressantes. Je trouve aussi des inspirations dans les livres, comme Guillaume et Clément je suis autodidacte, je n'ai pas fait d'études de stylisme ou de mode, donc je me laisse uniquement guider par ce que j'aime et ce dont j'ai envie. Une fois qu'on a une première idée de la direction que l'on veut prendre, on travaille avec notre usine au Portugal pour mettre au point des coupes, faire des tests avant de les lancer sur le marché.  

Guillaume : En termes de fabrication, nous, ce qu'on fait, c'est qu'on produit la totalité de nos toiles, du sergé sur de l'écru ou alors de l'indigo. On achète notre fil auprès de filatures françaises, fabriqué à partir de coton bio. Ce sont des fils qui sont peignés et doublés, c'est-à-dire qu'il y a deux fils en un, on appelle ça un fil retors. Cela nous permet de tisser sur nos métiers sans avoir recours à l’encollage. L'encollage de la toile c'est ce qui coûte le plus cher en eau chez la totalité des industriels. Il faut savoir qu'avec le tissage classique c'est à peu près 20 000 litres d'eau économisés. De plus, le fils retors nous permet d'avoir un pantalon qui sera beaucoup plus qualitatif et durable sur le long terme. 

CLÉMENT : Chez Ateliers de Nîmes on se rapproche davantage d'une production artisanale, que d’un schéma classique de productivité à tout prix.  

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En quoi consiste l’encollage ? Et pourquoi bon nombre d’industriels utilisent-ils cette méthode ? 

Guillaume : L'encollage c'est un enrobage de colle que l'on met sur les fils pour qu’ils soient plus solides. Les nappes de fils vont baigner dans la colle, ensuite sécher, et passer sur la machine à tisser. Mais le problème, c'est que les toiles tissées à partir de fils encollés présentent des résidus de colle. Cela oblige donc les fabricants à laver leurs toiles, c’est ce qu’on appelle le désencollage. Chaque rouleau de toile va donc être rincé pour évacuer tous les restes de colle. Dans ce processus de rinçage, il faut utiliser beaucoup d’eau, la chauffer, et y ajouter des solvants. L’encollage permet d'avoir un fil plus uniforme et plus facile à travailler sur les métiers à tisser. Tandis que le fils retors, celui que nous utilisons ici, présente plus de risques de se casser. Chez Ateliers de Nîmes on peut se permettre d’arrêter le métier à tisser pour remettre les fils, mais pour la quasi-totalité des industriels qui ont 50 voire 100 métiers à tisser qui tournent en même temps, cela relève de l’impossible. Donc pour eux l’encollage est indispensable afin d’assurer une productivité sans faille.  

De notre côté, nous avons une souplesse de travail qui nous permet d’être maître de notre tissage de A à Z en sachant quels produits on met et comment sont fabriqués les fils. Par exemple, nos fils sont teints en indigo, donc on travaille avec des fournisseurs qui ont des labels, que ça soit le label GOTS ou le label REACH. Par rapport à la règlementation des produits chimiques, on sait que dans nos teintures il n'y a pas de métaux lourds. C'est ce qui fait notre différence et ce pourquoi on s'est lancé dans le denim, en plus du savoir-faire nous souhaitons revenir à des procédés plus simples et plus naturels. 

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Quels ont été vos principaux enjeux lorsque vous avez fondé la marque ? Et quels sont-ils aujourd’hui ? 

Clément : Les enjeux sont multiples, parce que nous ne sommes pas juste une marque, nous ne venons pas simplement poser un logo sur un sweat ou un t-shirt qu'on aurait fait fabriquer dans une usine externalisée. Nous fabriquons notre matière première et donc les enjeux sont doubles. C'est-à-dire qu'au-delà de la marque, il y a cette notion d'industrie qu'il faut parvenir à recréer et à se réapproprier, retrouver les moyens de production, le savoir- faire. Contrairement à des marques où les enjeux sont plus des enjeux de marketing, pour nous il s’agit davantage de rapporter un savoir-faire à Nîmes, réindustrialiser une ville et surtout essayer de le faire le plus proprement possible.   

Guillaume : L'enjeu pour la marque aujourd'hui c'est de commencer à se faire reconnaître, en tout cas sur la partie tissage. Les Japonais sont très connus maintenant dans l'univers du denim, mais en France, on peut aussi faire de la bonne qualité. Ce qui est important dans le tissage des toiles ce sont les réglages des machines et surtout l'approvisionnement en bonnes matières premières. Et notre défi, c'est de pouvoir être reconnu pour la qualité de nos toiles. Nos clients et tous ceux qui connaissent un peu le denim, peuvent s’apercevoir, rien qu’au toucher, que notre toile est de bien meilleure qualité que ce qu'on peut trouver sur le marché aujourd’hui. Notre toile va davantage se rapprocher du denim des années 50-60, un tissage très resserré, bien fourni en fil et avec de longues fibres. Ensuite, à l’avenir, on aimerait bien augmenter la valeur ajoutée de la marque en internalisant la partie ourdissage, qui est actuellement effectué à Romans-sur-Isère. L'ourdissage consiste à mettre les fils sur la partie arrière du métier à tisser. Et ensuite, ce que j'aimerais bien, c'est avoir notre propre filature dans laquelle on puisse fabriquer notre propre fil, et donc obtenir une gestion complète de la partie tissage, du fil à l'ennoblissement. 

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Vos toiles sont fabriquées ici à Nîmes, et ensuite comment procédez-vous pour la découpe et l'assemblage des jeans ? Combien de coupes avez-vous développé au total ?  

Guillaume : Une fois que nos toiles ont été tissées, elles se présentent sous forme de rouleaux. Ensuite il y a une étape qu'on appelle le sanforisage, qui consiste à pré-rétrécir les toiles en coton. Lorsque la toile est terminée, on l'envoie dans l'atelier avec lequel on travaille dans le nord du Portugal. Et c'est là où les pantalons sont découpés et assemblés. C'est également là-bas que va être réalisé le prélavage. Enfin, on récupère les jeans à Nîmes ou on les fait parvenir directement à nos revendeurs. 

Anthony : Aujourd'hui, on a quatre coupes homme, quatre coupes femme, dans cinq matières différentes. Quand je parle de matière j'inclus aussi les délavages, donc on a cinq propositions : la première c'est le bleu brut, ensuite on a ce même bleu mais avec un lavage, c'est un lavage ménager très simple qui permet de casser très légèrement la fibre, pour ceux qui ne souhaitent pas avoir l'effet trop brut de cowboy, ou trop "cartonné". Puis on va également proposer ce qu'on appelle un délavage "trois ans", qui va avoir un effet d'usure naturel. Et ensuite, on a notre toile naturelle écru et une toile noire. Cette déclinaison, on va la répéter sur chaque coupe de jeans et sur chaque veste aussi. 

Que peut-on vous souhaiter pour l'avenir de la marque ?  

Anthony : Déjà, de former plus d'ambassadeurs dans notre ville, c'est-à-dire d'ouvrir les portes de nos ateliers aux jeunes et aux gens intéressés. J'ai le souvenir, plus jeune, d'avoir visité les usines Perrier, et aujourd'hui, je les défends parce que je sais ce qui se passe derrière. Donc j’aimerais pouvoir recréer cela à notre échelle, avoir les Nîmois qui soient fiers de nous, fiers de leur jean. Et puis ensuite, qu'est- ce qu'on peut nous souhaiter ? D'ouvrir une boutique à Paris et pourquoi pas une autre dans le monde, développer un réseau de clients multimarques avec lesquels on s'entend bien et qui nous accompagnent et donnent de la visibilité à notre projet.  

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